Decoloniale.org
 

Réseau pour une gauche décoloniale

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Présentation et méthode

(juin et juillet 2015)

Notre dernier communiqué est . Ce qui suit est un document de travail que le réseau améliore .

Nous ne sommes pas un parti

Nous sommes un mouvement politique mais pas électoral. Nous sommes une assemblée à distance qui combat la hiérarchie entre race, classe et genre.

Nous sommes le Réseau pour une gauche décoloniale. Nous sommes des personnes (diverses évidemment) qui participons, chacune à son rythme, à explorer une lutte globale contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme systémique.

La décolonisation est un phénomène que l’on peut étudier mais ce n’est pas notre propos. Nous sommes convaincu-e-s (et démontrons) que l’Occident est encore pétri d’idéologie coloniale. Nous la déconstruisons. La colonialité entame la dignité des personnes partout.

Le Réseau pour une gauche décoloniale est déconnecté de tout parti (dont le Front de Gauche et le Parti des indigènes de la République). Le mot "réseau" montre que nous ne sommes pas une organisation militante traditionnelle, mais une assemblée souple qui travaille à distance. Nous recherchons des personnes qui ne sont pas encartées mais nous pouvons inclure toute personne membre d’un parti politique de gauche à condition qu’elle remette en question ses pratiques et qu’elle adhère à nos valeurs.

Valeurs

Les options idéologiques sont incluses dans le débat en assemblée. Nous prenons les personnes telles qu'elles sont mais elles ne doivent reconnaître que l'individualisme, le sexisme, le racisme vivent en elles.

"Race, classe, genre". Nous luttons à la fois contre le capitalisme, contre le patriarcat, contre le racisme. Nous luttons donc contre le privilège blanc, l’islamophobie, la surenchère sécuritaire, la répression dans les quartiers populaires, le pillage des ressources naturelles. Nous sommes donc écolos (mais pas EELV).

Nous considérons que le racisme et le sexisme sont systémiques : il n'y a pas que des préjugés et des discriminations directes. Il y a des discriminations indirectes qui forment un fonctionnement social. Le racisme systémique est entretenu par des politiques de racialisation. (Par exemple : « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » avec les populations locales.) Par contre, les réactions aux oppressions ne forment pas un système global de stigmatisation ou de discrimination. Elles peuvent déstabiliser les personnes privilégiées qui n'ont pas encore interrogé leur privilège (blanc ou masculin). Ces personnes devraient réagir en écoutant. L'expression "racisme anti-blanc" montre ainsi au mieux une incompréhension de la réalité, au pire une volonté de conforter la suprématie blanche.

Bien évidemment, nous considérons que l’identité d’une personne n’est pas "déterminée" ni résumée par l’une de ses caractéristiques. (Dire "les femmes", "les Noirs", "les ruraux", c’est de l’essentialisme).

Dans notre assemblée ou en notre nom, l’on s’exprime avec précaution. Un propos sexiste, transphobe, raciste, antisémite, suprémaciste ou confusionniste sera supprimé du groupe FB. Inutile d’invoquer la liberté d’expression ou l’humour pour écrire n’importe quoi. La liberté d’expression des dominant-e-s peut être oppressive. Le Réseau pour une gauche décoloniale la subordonne à ses valeurs. Les dominant-e-s sont même plutôt invité-e-s à la discrétion et à l’écoute.

Réciproquement, chaque personne a le droit de parler ou d’écrire "mal", avec des "fautes d’orthographe" (ou diversités d’expression), sans citer l’inventeur du concept. Notre assemblée est inclusive : nous voulons impliquer chacun-e, sans discrimination.

Fonctionnement à plat

Nous fonctionnons en assemblée, différemment d’un parti ou d’une association "classique". L’organisation fermée n’est adaptée qu’aux structures politiques qui garantissent la pérennité des dominations. Chez nous, il n’y a pas de vote et pas de représentant-e. À chaque instant, toute personne désirant s’engager peut participer à l’élaboration des décisions. Elle ne peut être privée des moyens de contribuer à l’action. Dans un souci d’inclusivité, toutes nos décisions se prennent par des outils internet ou par téléconférence. Donc les positions exposées ici peuvent être contestées ou en réunion à distance.

À distance

Les lieux de militance (grandes villes), les horaires des réunions ne permettent pas un engagement de certaines personnes. Nous n’avons pas de rencontres physiques. Nous nous réunissons à distance (audio ou visio) après 21h.

Ça permet d’inclure les Provincial-e-s, l’outre-mer, ceux/celles qui ne se déplacent jamais, les timides, les personnes à fonctionnalité diverse (handi), les parents de petits enfants. Ça exclut les sourd-e-s, les muet-te-s, certaines personnes âgées mais ces personnes peuvent participer aux discussions et aux décisions qui se font par internet.

Prise de parole

Si on veut éviter la hiérarchie, il faut prendre des mesures en fonction.

Les personnes qui passent sont "légitimes" à prendre la parole et à participer aux décisions. Nous ne demandons à personne de s’exposer. Vous êtes donc invité-e-s à utiliser un prénom/nom différent de votre état-civil et dédié à vos activités militantes.

Prendre la parole, c’est prendre du pouvoir. Dans les réunions (à distance), on donnera la priorité à une personne qui n’a pas encore parlé. On pourrait aller plus loin :

  • soit le tour de parole obligatoire ;
  • soit alterner femme racisée et autre personne.

Discrimination à l’envers ? Pas du tout. Donner la priorité de parole aux femmes dans une assemblée mixte est une méthode qui a fait ses preuves pour tendre vers l’égalité.

Réseaux sociaux

Venez participer à notre travail de définition ("blanchité", "universalisme", "Occident", "genre", "race", "laïcité", etc.). Le but n’est pas académique mais politique : élaborer notre vision du monde. Ça démarre le mardi à #définitiondécoloniale puis le résultat de la discussion est publié à #définitiondécoloniale

Apprenez avec des lectures émancipatrices : pour comprendre comment la société fonctionne (capitalisme, patriarcat, racisme, impérialisme). C’est publié à #lecturedécoloniale et #lecturedécoloniale